12 juin 2008
Avant d'aimer le rose (part II)
Le voilà qui me dit qu'il veut divorcer, j'ai à ce moment, oscillé entre la panique et le soulagement. Puis les choses se sont faites, un peu d'elles-même à vrai dire, avec toute la peine, la colère, la rancune, les mauvais mots, les mauvais coups, qui font d'une séparation, une séparation...
Les gens qui disent "moi ma séparation ça s'est super bien passé" sont des vilains menteurs, il n'y a pas de séparation qui se passe bien, il y en a juste des moins pires que d'autres. Nous on a fait dans le moins pire et aujourd'hui ça me fait sourire de dire qu'on a mieux réussi notre divorce que notre mariage !
Nous avons encore vécu six mois sous le même toit avant qu'il ne parte vraiment, vivre avec sa nouvelle chérie.
ll était temps, on commençait à en venir aux mains...
A partir de là tout n'a été qu'ajustement, concession, et tolérence. Il m'a fallu apprendre à vivre seule, alors que ça n'avait jamais été le cas, garder le cap malgré la peine et les doutes, car les enfants sont restés avec moi dans notre maison, et me reconstruire en tant que Moi, et non plus en tant que "la femme de". Pas évident quand on a vécu pour les autres pendant dix ans.
C'est alors que j'ai découvert la joie "d'être" par soi-même, de choisir le programme télé, le menu du soir, les yaourts qu'on aime et pas ceux qu'IL aime, de retrouver un sommeil de qualité et de la place dans le lit... tant de choses qui paraissent anodines noyées dans le quotidien, mais qui vous rongent en silence comme un cancer...
Célibataire, donc. Mon nouvel état.
Mes amis d'enfance, célibataires eux aussi, m'ont alors pris sous le bras pour ma trainer dans les bars branchés et les boites de nuit de la ville. J'y ai vitre retrouvé mes marques pour devenir une vraie night clubbeuse ! J'ai une faculté d'adaptation colossale qui m'a permis de très vite me trémousser comme une petite pouf de 16 ans, et de consommer du whisky comme un alcoolo cinquantenaire.
C'est alors que j'ai eu envie de vérifier si la femme qui dormait en moi pouvait se réveiller, et si j'étais encore capable de faire péter une braguette...